A venir : le
27 Oct 2018 - 10:00 | Ateliers Yoga pour les enfants
24 Nov 2018 - 15:00 | Ateliers Yoga et Mandala
Abonnez-vous a notre fil d actualité RSS

la recette du "tchaï" (thé indien)

Voici une recette du tchaï, il en existe de nombreuses autres!! mais celle ci est délicieuse : 

Pour 1 litre  environ, il vous faut :
  • 2 bâtonnets de cannelle
  • 1c.à café de graine de cardamone
  • 1c.à café de graine de fenouil
  • 1c.à café de gingembre en poudre
  • 1/2 c. à café de clou de girofle
  • 1/2c. à café de noix de muscade
  • 4 sachets de thé noir de Darjeeling
  • 500ml d'eau
  • 500ml de lait
Mélanger le lait et l'eau, porter à ébullibution puis y mettre le thé et les épices. laisser infuser 10 mn.
Ajouter ensuite le sucre à votre convenance. Filtrer et servir très chaud.

Bonne dégustation!


Qu'est ce que la pratique du yoga pour vous ?

Qu’est pour moi ma pratique ? Ma pratique  est tout ce qui me renvoie à ce que je suis à un moment précis, dans un contexte particulier. Sur le tapis, comment les Yoga Sûtra nourrissent-ils mes méditations ?  Dans ma fonction de formateur et d’enseignant de yoga, je rencontre des élèves  avec leurs demandes, leurs besoins et toutes sortes d’attentes. Ici, comment les Yoga Sûtra me permettent-ils d’être plus juste pour évaluer et proposer ce qui est utile à une évolution personnelle ? Dans mon quotidien, comment les Yoga Sûtra me nourrissent-ils ?

Mais comment un texte peut-il nourrir et quoi ?
Si je réunissais de mes cahiers toutes les notes prises lors de cours, de stages, de lectures et de préparations, j’aurai, sans doute, de quoi écrire de très nombreuses pages, avec des applications et des exemples. Combien de sujets abordés ! Et que reste-t-il ?

Le Yoga pour Tous ! ... Et les personnes handicapées

Avant de proposer un exemple de pratique spécifique, je voudrais développer dans cet article, différents éléments concernant le yoga pour les handicapés. Sur le chemin de la vie arrive parfois, au sein d’une famille ; l’imprévu, des traumatismes, maladies héréditaires, accident. L’enfant ou l’adulte se trouve diminué de ses chances de faire comme tout le monde. Les regards de l’extérieur changent et celui de l’intérieur protègent.
 
Qu’en est-il des personnes handicapées ? Le yoga peut-il être une aide ? Comment ? Depuis de nombreuses années, j’ai la chance de croiser des personnes handicapées moteur, des déficients intellectuels, des mal ou non voyants, des mal entendants, des trisomiques.
 
Comment ces personnes ont-elles pu trouver une aide, un réconfort dans la pratique de postures, dans les techniques du souffle et dans tous les autres exercices que j’ai pu mettre en place pour répondre aux différents handicaps afin d’inventer quelque chose de l’ordre de la confiance en soi, de l’apprentissage de l’écoute et du respect de l’autre et de soi-même.
 
Concevoir la situation du handicap est difficile pour une personne extérieure : ne pas pouvoir faire comme tout le monde dans la norme d’actions habituelles. L’approche de la pédagogie du yoga doit être reconsidérée en tenant compte de l’influence et de l’importance donnée aux regards des autres, le regard de la famille même, le regard des institutions, le regard des autres handicapés et bien sûr, le propre regard du handicapé sur lui-même.
 
Quelle importance le yoga peut-il représenter pour ces personnes ?
 
Nous pourrions considérer l’utilisation du yoga suivant le niveau d’altération des facultés personnelles.
 
handicap moteur
 
Le yoga soutient les efforts de la personne handicapée moteur qui doit fait face aux déplacements en fauteuil, à l’absence de membres, à des muscles non maîtrisés, à un système nerveux déficient. Les exercices de yoga tendent à préserver l’équilibre des fonctions vitales. Des mouvements spécifiques aident la circulation sanguine dans les régions qui restent immobiles. Sur le rythme du souffle, répétés progressivement, les exercices de conscience apportent des impulsions dans les membres oubliés. Je me rappelle cet homme dont le bassin qui avait été fracturé en de multiples endroits, vivait dans son fauteuil avec une anxiété, celle de tomber et de rester au sol sans force. Nous avons mis en place un entraînement spécial afin qu’il retrouve la musculature utile à ses déplacement dans le but de descendre et remonter dans son fauteuil. Il a pu fortifier ses bras, son dos et ses abdominaux. Les gestes inhabituels et les variantes des postures permettent d’éveiller et de revitaliser le corps dans ses énergies.
 
Les déficients mentaux ont besoin d’être guidés dans le gestes, le souffle et le rythme pendant une période plus ou moins longue. Quand ils ont repérés et mémorisés les exercices, ils s’approprient les mouvements associés à des phrases, des textes ou des sons. Les chants, avec leurs mélodies et leurs impulsions leur permet de communiquer, s’exprimer et canaliser leur attention. Les rappels de consignes fréquents et judicieusement placés dans les enchaînements favorisent des corrections qui se concrétisent par des progrès tant réflexes que comportementaux : par exemple sur des bégaiements, des tics ou des asymétries. Le travail collectif permet d’installer des rapports sociaux respectueux, dans la compréhension et l’écoute de l’autre. Ce yoga favorise l’approche du corps physique et émotionnel grâce à des ambiances qui reposent les systèmes nerveux. Mes expériences en CAT (centre d’adaptation par le travail) m’ont permis de concevoir des séries d’enchaînements évolutifs pour la santé. Ce travail se fait en harmonie avec les enseignants et les éducateurs qui encadrent ces personnes. J’ai rencontré dans ces groupes des handicapés moteur, des déficients mentaux et des trisomiques, avec leurs différences. Ces séances deviennent un lieu de production de paix et d’échange et d’enrichissement pour tous.
Les handicapés visuels peuvent l’être de naissance , ou le devenir au cours de la croissance ou encore lors d’une période plus récente. L’absence de repères visuels, source d’asymétries physiques et d’habitudes de précautions, se compense par une suractivité auditive, avec tous ses inconvénients par rapport aux stress dus aux bruits. Le toucher est aussi un organe très utilisé. Ces deux évidences demandent à l’enseignant une précision toute particulière quand il donne ses consignes. En effet l’ordre des mots produisent une suite de suggestions qui doivent être cohérentes pour le débutant, mais doivent aussi le rester par la suite, sinon la progression est rompue ou encore le doute physique s’installe. Le toucher peut leur permettre de « voir » un schéma à réaliser, avec des directions et des axes et des points clés. Etre toujours sur un qui-vive, rester en alerte,  devenir «  un radar », représente un sur-coût pour le système nerveux qu’il faut reposer par les techniques du yoga, principalement les prânâyâma. J’ai rencontré, dans ma pratique d’enseignant, des jeunes gens qui ont appris par le yoga, à trouver en eux les points de référence stables . En effet, cela leur a permis de moins être troublé par les agitations extérieurs. Ils ont acquis la possibilité de reconsidérer leurs sensibilités aux regard des émotions vécues autour d’eux et d’en être moins imprégnés.
 
Et les personnes trisomiques, si touchées par les marques d’affection , revendiquent leurs particularités. Certains très au courant des évènements familiers comme la coupe du monde pour les passionnés de sport, la grève des transport pour les anxieux, le décès ou la naissance dans leur propre famille ou chez des amis, tous marquent leur intérêt profond à ce qui les entoure. Les pratiques que je leurs propose comprennent presque toujours du chant ou des sons, dans le but de leur permettrent un partage et un recentrage, des enchaînements simples et progressifs afin de solliciter des interactions entre leur schéma corporel et la gestion de l’espace, une production graphique ou de dessins dans le but d’exprimer leurs sensibilités. Ces séances ressemblent à un foisonnement de signaux de communication tous plus riches et passionnants.
 
Oui le yoga peut apporter à tous du réconfort, de l’apaisement, de la connaissance de la vie. Comme des arbres sur cette terre, nous avons nos racines, égaux au contact du sol, en ce qui concerne les feuilles et les branches nous partageons nos différentes conceptions et idéations. Le yoga est une source d’inspiration donnant des moyens d’aborder les normes des plus banales à celles qui peuvent être si loin de nous.
La simple respiration en levant les bras, si banale pour la personne qui pratique  juste depuis un mois, devient pour le handicapé une source de libération, une joie, une source de connaissance et de communication.
 
Quelque soit le handicap, le yoga bien appliqué corrige et atténue les effets négatifs de la pesanteur sur la colonne vertébrale. La répétition de certains mouvements compense les positions du bassin
 
 
 Il y a un mystère. La pratique du yoga tend à soutenir intérieurement une force d’équilibre appelée par les anciens « cikitsha shakti », appelée aussi principe auto guérissant. Le yoga aide les personnes handicapées à mieux vivre, pour certains, leur handicap, pour d’autres à trouver leur place dans la société actuelle, pour d’autres encore, à les préparer à une certaine autonomie.
 
Jean-Yves DEFFOBIS
Fichier attachéTaille
LE_YOGA_POUR_handicapes_2p.doc26.5 Ko

La tête dans les étoiles, les pieds sur Terre ...

1 - Vous avez dit YOGA SÛTRA

Notre souhait dans cette nouvelle rubrique est d’aborder le texte légende   fondamental du Yoga, le YOGA SÛTRA DE PATANJALI. Qu’apporte ce texte comme éclairage était à nos questions quotidiennes ? Plusieurs professeurs de yoga se réunissent pour vous le présenter d’une façon accessible et simple.

2 - Question de l’élève

L’autre jour, E. a rencontré son amie K qui lui a dit : « - Va faire du yoga, cela te fera du bien ! ».

Après cette rencontre, E. se questionne : « - cette suggestion est une bonne idée mais qu’est ce que le yoga, exactement ? » « Où trouver des références solides ? »

3 - Définition de l’idée de SÛTRA

Sûtra désigne le fil qui maintient en mémoire un ensemble de connaissances structurées qui peuvent être transmises de génération en génération. Le yoga se définit de différentes manières suivant le contexte dans lequel il se trouve :

  • Il peut signifier une méthode de pratiques physiques associées à la respiration procurant calme, capacité d’améliorer son attention au présent, pouvoir s’endormir facilement, se détendre et se pacifier.
  • Il peut être considéré comme une méthode pour développer la confiance en soi et voir plus clair dans sa vie.
  • Celui qui veut approfondir son enquête sur le yoga devra se référer au texte classique et fondamental appeler « YOGA SÛTRA de PATANJALI.

Il apporte à l’humanité un traité de grammaire, pour mieux communiquer, d’ayurveda pour vivre longtemps et de yoga pour comprendre notre propre fonctionnement.

Ce traité de yoga, le Yoga Sûtra, est composé de 195 aphorismes, transmis de professeurs à élèves depuis cette origine. Le Yoga Sûtra est la référence de tous les types de yoga.

4 - Le Mythe de Patanjali

patanjaliUne légende racontre qu'à son début l’humanité était plongée dans le trouble. Un sage fut envoyé. Il tomba du ciel, détaché du serpent de l’infini, Ananta (symbole de la transformation, de la mue) entre les mains en coupe de sa mère en prière (Pat : tomber, Anjali : mains en coupe).
 

5 - A quoi sert l’étude des SÛTRA ?

Comment passer d’un état mental dispersé et émotif à un état calme et clair ? Quelles sont les qualités qu’il faut acquérir pour cultiver cette clarté et agir d’une manière responsable ? Comment expérimenter et maintenir cet état dans l’action quotidienne ? Les Sutra constituent une trame capable d’organiser et d’entraîner notre esprit dans toutes les situations de la vie et de mieux « s’accorder ». C’est un texte propice aux échanges et à l’interaction entre deux ou plusieurs personnes. Ces réflexions interactives ont un rôle de prévention par rapport à nos actes et à notre comportement. Il permet de nous rendre créatif par la multitude de sujets énoncés et de la manière de les aborder. L’étude du Yoga Sûtra est un support pour réfléchir et essayer de s’améliorer avec ce fil conducteur comme guide. La force du Yoga Sûtra est d’être applicable au cœur même du quotidien.

6 - Application au quotidien de SÛTRA

Assurer son intervention pour un nouveau projet :

Demain, L. graphiste, doit rencontrer un cabinet conseil pour mettre en place un nouveau projet pour son travail. Il se prépare à l’avance pour présenter ses productions de façon cohérente et mesurée afin d’obtenir l’appui de financiers. Il suit son programme pour démontrer et argumenter son exposé. Utilisant « Sûtra », L. s’assure du succès de son projet.

7 - Application sur le tapis SÛTRA : Être dans la pratique ou ne pas y être ?

G. a commencé sa séance avec un mal de tête et la gorge serrée. Après quelques exercices de ventilation avec les bras, elle remarque une amélioration. Elle termine avec un teint de rose et se sent reposée. Comment a-t-elle pris conscience de ce mieux-être ? Elle a appliqué une attention continue sur la respiration se permettant ainsi de prendre de la distance avec ses idées sombres. Le fil conducteur, Sûtra, a été ici la présence soutenue au fil de l’air qui sort, l’expire, durant tous ses exercices.

 

8 - De SÛTRA en SÛTRA



Patienter tout en s’activant face aux obligations de la vie : J., étudiant en langues étrangères, recherche un stage dans une entreprise internationale. Il doit passer de nombreux appels téléphoniques, écrire de nombreux courriers. Chaque jour il passe du temps à sa recherche malgré ses études prenantes. Sûtra : « Abhyasa » la persévérance dans une même direction.

Rester fermement établi dans la paix P. est au bord de la panne d’essence. A la station, la seule pompe est occupée par une dame presque paniquée par le fait de mettre sa carte bancaire dans l’automate. P. bien que très pressée, choisit de rester calme et d’apporter son aide à la dame. Sûtra : « Ahimsa » Rester en paix

9 - SÛTRA

a- définitions : Cordeau, Plan, Règles exprimées en brefs aphorismes p.857 dictionnaire sanskrit français. N. Stoupak.

b- comme un collier de perles : L’image du collier de perles est souvent donnée pour illustrer les Yoga Sûtra : les sûtra s’égrènent, telles des perles sur un collier, reliés
entre eux par un fil invisible.

10 - Questions à l’élève

Pour avancer dans la compréhension des Sûtra interrogeons-nous :

D’après vous, comment augmenter la qualité de l’attention au cours d’une séance de yoga ?  Comment, en sachant qu’une posture nous tire un peu sur l’arrière des jambes, résoudre cette sensation ? Comment notre propre expérience de vie peut-elle servir aux autres ? Par exemple notre expérience de parents peut-elle servir à nos enfants devenus à leur tour parents ? Qu’avons-nous envie d’améliorer en  nous ?
Comment passer de l’agitation à un état plus calme ?

11 - Prochaine étude : ATHA : Chapitre 1 Samadhi pâda –  Sûtra n° 1

Dans notre prochain bulletin nous développerons le premier sûtra et tout particulièrement le premier mot, ATHA.
Comment commencer le Yoga ? Quelle est l’importance de la lettre A ?

 

Agnès, Christiane, Marie-Claire,
Maryannick, Myc, patricia,
Sylvie et Jean-Yves

Extrait du Bulletin de l'Association n°53 - Hiver 2011


Sûtra ... Vous avez dit Sûtra ??

A la recherche de la détente

Une fois par semaine nous pratiquons dans les salles une séance de yoga guidée par notre professeur. En quoi cette pratique composée de gestes, d’enchaînements et de postures corporelles est-elle différente de l’aérobic, de la gymnastique douce ou  autres techniques ? Et pourquoi le yoga est-il toujours aussi présent aujourd’hui ?

1 - Comme un voyage extérieur et intérieur

Ulysse« Heureux qui, comme Ulysse, a fait un beau voyage, et comme ... ».
Certains vont faire un voyage dans un pays étranger, visiter les musées, contempler la beauté de paysages lointains. Il reste ensuite de belles images et comme il est dit, « les voyages forment la jeunesse ». Le cœur étant ouvert, notre esprit sera encore plus ouvert, compréhensif, serein. Enrichis de nos expériences, nous serons allégés des visions qui isolent et séparent, comme : « chacun voit midi à sa porte » ou « chacun chez soi ». Le voyage intérieur, comme celui de l’extérieur, permet à l’homme de s’ouvrir au monde, d’apprendre que nous vivons ensemble et de traverser les situations de la vie en faisant les découvertes de nous-même. Ce parcours est similaire à un pèlerinage allant de l’extérieur à l’intérieur pour mieux comprendre, mieux réagir et mieux agir.

2 - A chacun son itinéraire

Guidé par notre tempérament, nous pouvons gérer toutes les situations et cela est le signe d’un bon équilibre. La force intérieure de la vie est réactive aux évènements externes. Curiosité et capacité de dépassement révèlent notre bon sens et la justesse de nos réponses dans une recherche de liberté. Chacun a son avis, chacun a
son point de vue sur la responsabilité, l’engagement, des décisions qu’il faut prendre, ce qui est à éviter, et c’est tant mieux. Néanmoins, « des questions se renouvellent » et nous y apportons les mêmes réponses qui ne soulagent, ni n’apaisent. Nous nous trouvons, au fil du temps, pris dans des réponses toutes faites, dans des routines, voire des situations répétitives. Il est peut-être temps de faire quelque chose ou de le faire de manière différente.
Chacun de nous vient au yoga pour fortifier son corps ou l’assouplir « se sentant un peu à l’étroit » dans son fonctionnement. D’autres personnes viennent entraîner leur souffle qui leur paraît un peu court ou chercher à détendre leur esprit, pris par les occupations du travail et questions relationnelles. Comment prendre du recul, faire quelque chose pour soi-même et se ressourcer un moment ? Faire un arrêt qui repose et régénère ?

3 - La légende antique de Kâpila

Vivant dans une région lointaine, un sage du nom de Kâpila (celui qui a la peau brune) mit au point un système pour libérer quiconque de la souffrance. Il choisit un homme, Asuri (celui qui bataille), qui avait déjà vécu mille expériences différentes et lui demanda :

« Asuri, te plais-tu dans ce monde ? ».

Asuri répond : « Oui, il y a tant de choses à faire ! ».

Alors Kâpila l’envoya vivre mille autres situations. Puis il l’appela de nouveau pour lui poser la même question. Asuri fit la même réponse. Après avoir traversé mille nouvelles aventures, Asuri remarqua la répétition des histoires et commença à s’interroger. Kâpila comprit qu’Asuri était prêt à
recevoir l’enseignement.

4 - Avant de commencer l’aventure yoga

Nous sommes en général fort envahis par les objets qui nous paraissent trop loin et absents ou trop près de nous et collants. Les objets peuvent être mal placés à notre goût ou encore nous fascinés ou bien en cachés d’autres. Certains d’entre eux sont similaires alors nous les confondons. Qu’est-ce qu’un « objet » ? Un objet est ce qui entre dans notre conscience et notre perception. Par exemple, le fauteuil hérité est un objet et je ne sais pas où le mettre mais ne peux m’en déposséder.

Une personne aimée devient l’objet de mon désir et si elle n’est pas là, je suis triste. Le bonheur, la santé, la force sont des objets que je cherche à acquérir. Un objet ici peut être un bien matériel, un être vivant, une situation ou une qualité. La concentration peut être un objet, mais aussi le doute, la confusion, la recherche. « Asuri » a vécu mille et mille et mille péripéties. Elles doivent être vécues pour éviter la frustration. Les ayant toutes vécues, quoi faire de tout cela sinon commencer à se comprendre soit-même.

5 - Être prêt à entendre

Marie-Madeleine Davy, qui étudia Maître Eckart, un mystique rhénan, expliquait comment se structurait la conscience humaine. La conscience humaine est comme un oignon, composée de couches successives de peaux. En périphérique, les pelures sont fines et sèches, elles protègent de l’extérieur.

6 - Motivation, intérêt, désir

yogaTout homme aspire au bonheur, à l’agréable, à l’aisance et nous savons comme il est hasardeux de croire que tout est acquis d’avance. Comment prendre des repères dans nos attitudes, comment regarder nos conditionnements quand nous avons soif de liberté ? Comment mieux se connaître ? Il faut une méthode. En les enlevant les unes après les autres, apparaissent comme des enveloppes plus humides, épaisses, juteuses avec leur goût et odeur qui piquent les yeux. C’est au fond de ces states que réside le germe plein de vie qui, si l’oignon est mis en terre peut extérioriser son potentiel et ses racines, grossir pour monter sa tige à fleur et produire les graines.


Il en est de même pour l’être humain dont la conscience se compose en différentes sphères allant de l’extérieur avec les protections contre l’environnement puis de plus en plus profondément vers le noyau essentiel intérieur. Les mêmes circonstances de la vie sont vécues différemment suivant que nous nous plaçons à l’extérieur de nous-mêmes, en nous-mêmes ou encore dans notre noyau vital essentiel. La même situation peut paraître insupportable, acceptable,raisonnable ou normale.
Le point de vue et la manière de vivre une posture de yoga dépendront du niveau d’intériorité choisit à ce moment. Un son pourra agresser l’oreille pour certains et être agréable à d’autres. Un exercice sera pour certains physique et pour d’autres, source d’enseignement. La méthode vient de l’expérience des générations humaines qui ont vécues dans le passé les questions fondamentales : pourquoi cela m’arrive-t-il ? Qu’elle en est la cause ? Le temps ? Les autres ? La chance ? Et comment transformer cet état de tristesse en optimisme ? Comment gérer et comprendre le jugement, les changements, l’insupportable ?
Pourquoi doit-on pratiquer les postures en dynamique ou en statique ? Pourquoi la respiration est-elle si importante ? Qu’apporte la table à deux pieds, la flexion avant, les triangles, la posture de méditation ? Comment appliquer le yoga au quotidien ?

 

7 - Venez à la porte, frappez et et on vous ouvrira

Connais-toi toi-même !
Le yoga propose donc une méthode, une démarche, une stratégie en huit domaines : notre relation aux autres, notre hygiène quotidienne à nous-mêmes, la  compréhension fonctionnelle de notre corps, l’observation de nos motivations énergétiques, de nos attractions et de nos répulsions sensorielles, l’éducation de notre pensée réactive, le retour à notre contenu du mental profond et enfin l’accueil de la créativité de la connaissance. Mais pourquoi huit et pas cinq ou douze domaines ? Et d’où cela vient- il ? La méthode a traversé le temps grâce à la mémoire des expériences au cours des âges, transmise et reçue par les générations de professeurs et d’élèves. Pour garder l’essentiel de cet enseignement et pouvoir l’actualiser même à une époque où Internet est entré dans chaque foyer et chaque individu est constamment relié aux ondes téléphoniques des portables, Patanjali (celui qui est tombé dans les mains réunies) a codifié un texte court composé d’aphorismes. Nous y trouvons les clés du fonctionnement de la pensée, de sa gestion et son importance dans les choix de nos actions.
Nous pouvons aborder le texte de deux façons :

  • Comme les pandits, érudits intellectuels, nous nous interrogerons sur l’époque de la création du texte, sur des formules grammaticales, sur la validité de telles ou telles techniques, sur ce qui doit être compris de ces textes. Nous resterons à la porte des sûtras.
  • Comme des acharyas, ceux qui ont essayé et pratiqué et qui en ont fait l’expérience eux-mêmes. C’est le début de l’aventure au fil du texte de la mémoire des  hommes, en approfondissant le contenu de nox pensées et expérimentant nos actions dans toutes leurs dimensions.

8 - Comment ils et elles ont rencontréles Yoga Sûtra ?

  • Par surprise : V.C. est une jeune femme, active. Elle organise une grande fête familiale et se trouve anxieuse de la présence de certaines personnes. Dans l’action même, au moment de l’accueil des invités, elle se sent d’un seul coup, détendue et sereine. Elle vient de sesouvenir, en un éclair, d’une réflexion relative à un sûtra étudié en groupe, 3 jours avant.
  • Au cours de la pratique : A.N. est une femme de 41 ans venant d’un milieu scientifique. Elle souffre très régulièrement de migraines l’invalidant. Elle vient essayer le yoga pour le physique et la respiration en suivant des principes logiques et raisonnables. En quelques semaines, elle repère les causes de ses tensions et peut les gérer. Elle se pose des questions sur les effets qu’elle découvre par elle-même et trouve des supports à sa réflexion dans les sûtra sur l’amitié, la joie, la compassion...
  • Par le hasard ? : Années 70, M. P. est un jeune homme de 17 ans intéressé par le judo. Entrant dans une librairie de province, il achète un livre de poche, « pratique du yoga » (Il y a 40 ans, le yoga n’était par aussi connu que maintenant). Vingt ans plus tard, il découvre en faisant sa formation de professeur de yoga qu’il s’agissait des Yoga Sûtra de Patanjali.
  • Par maturité : G.L. est une femme de 72 ans ayant suivi de multiples cours de yoga, de salles en salles, d’école en professeur de yoga, décide de faire le point avec toutes ces connaissances. Elle redécouvre les sûtra et les approfondit. Cela l’amène à mettre de l’ordre dans ses souvenirs d’enfant, à faire la paix avec ses ascendants et descendants, avec sa culture. Pas à pas elle découvre les espaces de sérénité et de joie intérieure.

Le yoga est indissociable de sa théorie, que ce soit Hatha Yoga, Karma Yoga, Bhakti Yoga, Jnana Yoga, ou autre yoga classique ou école. Tous suivent une méthode avec un objectif, des outils et des manières de les pratiquer. L’essence de la pratique du Yoga, à l’image d’un sommaire de livre de cuisine, est contenue dans les Yoga sûtra de Patanjali.

Ils permettront de retrouver son chemin dans l’expérience humaine et d’aborder les autres textes relatifs à cette démarche.

Jean-Yves Deffobis, Formateur IFY

Extrait du bulletin de l'Association n°53 - Hiver 2011