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Un grand maître : Tirumalai Krisnamacharya

Article paru dans le bulletin IFY Loire Océan de l'été 2013 






 

Vu par certains il était précis, intransigeant, d’une pensée rapide et pénétrante, d’autres ont ressenti une immense douceur remplie d’attention et de compassion. S BKS Iyengar,  S Pattabhi Jois, TKV Desikachar racontent comment ils se sont dépassés et sont devenus maître en Yoga  grâce à son impulsion bienfaisante.

 
S.T. Krishnamacharya, brahmane d’un mètre cinquante huit est né le 18/11/1888 dans un district du Karnataka en Inde. Sa mère lui donne ce nom en l’honneur du Seigneur Krishna, une des incarnations du Seigneur Visnu. Son parcours est un mélange de mythe, d’histoire et de symbole. A seize ans,  il fait un rêve étrange : son ancêtre  S. Nathamuni lui chante les enseignements originels du Yogarahasya (l’Essence du yoga , texte disparu il y a plus de mille ans.)
 


 
Le professeur
Philosophe, sanskriste, grammairien, Krishnamacharya est reconnu comme un spécialiste des rituels brahmaniques.  Sa présence influence ses contemporains par sa mémoire : textes de la tradition, Ayurveda, musique, astrologie, poésie. Il parle de nombreuses langues et pratique jusqu’à ses 101 ans la récitation des Védas.
Son chemin le guide auprès d’un yogi qui fait remonter son enseignement de maîtres à élèves depuis Nathamuni, saint yogi (980 ap JC).  Il apprend de lui le Hatha Yoga et ses applications thérapeutiques, durant 7 ans. Quand il est questionné sur la source de ses informations, Krisnamacharya répond : « C’est mon Maître qui me les a transmises ». Krisnamacharya n’a transmis que ce qu’il a vécu de ces pratiques. Tel est le sens de ACHARYA. 
Il a dit : « Le professeur de yoga enseigne ce qui est approprié à ses élèves et non ce qui l’intéresse lui-même». Ses élèves, de renommée internationale, ont reçu de lui un yoga qui leur est personnel. Ils auront eu pour tâche de poursuivre et d’enseigner leur pratique. 
 
Le Yogi
Alors qu’à son époque le yoga n’a pas bonne presse, Krishnamacharya passe sa vie à redonner à cette pratique sa noblesse et son utilité pour ses contemporains. Il révolutionne les milieux traditionnels en ouvrant la pratique aux femmes : « Elles portent la vie des générations futures, c’est primordial qu’elles pratiquent le yoga ». Il va influencer la transmission du yoga dans le monde. Il déclare en 1934 : « Le yoga doit s’adapter à l’individu et non l’inverse ».
 
Y a-t-il un style  de « yoga Krishnamacharya » ?
 
Le thérapeute
Son sens de l’observation et sa capacité à interpréter les textes et ses connaissances de l’ayurveda lui ont permis d’avoir des résultats exceptionnels et des guérisons auprès de tout public. Sa compréhension expérimentale des dosha, vata pitta kapha et le fonctionnement des organes et des nadis, combinés avec les effets de l’alimentation sur les énergies subtiles affinent son approche du corps. Les pratiques du son et du chant védique, les nombreuses pratiques de concentration et de méditation ont des effets sur le mental et son apaisement. Reconnu comme un médecin étonnant, pour lui la pratique des bandha peut venir à bout de très nombreux maux qui assaillent l’homme, mais il affirme que seul Dieu peut le guérir. Le yoga est une méthode pour permettre de retrouver la force auto-guérissante résidant au profond de chacun.
Pour cela Krishnamacharya préconise de tenir compte, afin établir une pratique correcte :
du lieu de naissance « desha », de l’état physique « deha, » de la saison « kala » de la profession « vrtti», des croyances « marga », des capacités «shakti », des attentes de la personne, d’ apporter des forces «  shaktikrama », de comprendre ce qui est subtil « adhyatmikakrama » et de réduire les gênes qui invalident « cikitsakrama ».
Le prânâyâma est utilisé pour allonger des temps respiratoires rythmés en détendant des zones corporelles grâce aux postures spécifiquement préparées.
Des visualisations favorisent une direction mentale harmonieuse  et l’optimise.
 
 
 
Krishnamacharya  nous laisse :
De nombreux poèmes chantés pour ses élèves, remplis d’enseignements et de bénédictions,
la manière de réciter des Véda suivant des règles du sanskrit transmise de bouches à oreilles de professeurs à élèves ainsi que les commentaires oraux des ces textes permettant l’approfondissement d’une quête vers notre soi-même et l’enseignement vivant au travers de ses élèves devenus professeurs porteurs de ses idées novatrices.
 

Pour Krisnamacharya la posture n’est pas envisagée isolément. Elle fait partie d’une composition d’âsana préparatoire. Sur des rythmes respiratoires, elle est maintenue un temps, comme une méditation, puis quittée avec des compensations : vinyasa.
Krisnamacharya a innové de très nombreuses modifications et variantes pour chaque posture, favorisant ainsi la concentration sans  cesse renouvelée.
La pratique judicieusement préparée produit comme effet des gestes symboliques et énergétiques, mudra et bandha. Le placement de la colonne vertébrale et la compréhension de l’inspiration et de l’expiration ont des répercussions sur le maintien  de la santé.
Krisnamacharya a remis en cause certaines pratiques yogiques : incorrectement pratiquées, sans tenir compte de la constitution ayurvédique de chacun, elles deviennent inutiles voire dangereuses.
Krisnamacharya n’a cessé de mettre en relation l’expérience du Hatha Yoga avec sa vision inspirée des Yoga Sûtra de Patanjali.
 
 
 

Références livres 
Le yoga Makaranda où sont consignés les enchainements pour s’introduire dans les âsana, 
Le secret du Yoga, Yogarahasya (reçu du Maître de la lignée des Acharya).

Article rédigé par Jean-Yves Deffobis